Ce temps venteux et pluvieux nous invite à se laisser aller au repos du corps et à s’évader par d’autres moyens. Un de ceux-ci, vous l’aurez deviné, est la lecture et je vous invite au voyage en ce jour : partons découvrir le monde merveilleux de Jean-Marie Pelt (1933 – 2015).

L’auteur

Jean-Marie Pelt fut professeur de biologie végétale et de pharmacognosie à l’université de Metz (où il fut également maire-adjoint). C’est dans cette ville qu’il présida l’Institut européen d’écologie, une association de recherche et de promotion de l’écologie.

Après des débuts dans la pharmacie puis la botanique, Jean-Marie Pelt s’installa comme professeur de botanique et de physiologie végétale à l’université de Metz.

Sa vie était alors partagée entre l’enseignement, sur place, et la recherche, ailleurs : il effectua de nombreux voyages hors de France afin d’étudier l’écologie et l’ethnopharmacologie – sujets de nombreuses publications scientifiques et ouvrages.

Fervent défenseur de l’environnement et amoureux des plantes, il partageait avec passion et panache son chemin de vie au travers de ses textes et interventions (radio, télé, conférences …). Dans ses veines se mariaient à merveille la science et la foi et son combat, partagé par d’autres, est à découvrir – ou redécouvrir – peut être simplement pour le regard neuf qu’il a su nous apporter.

Le livre

“La vie des plantes, leurs problèmes, leurs amours ? Mais ce sont les nôtres. Car la vie impose ses lois à tous les êtres et les rend solidaires !”

Ce sont les premières lignes figurant sur la 4e de couverture (de l’édition que j’ai entre les mains en tout cas !) et c’est de cela qu’il est question : la vie des plantes.

Alors certes, Pelt décrit cela de son point de vue, celui d’un Homme, mais, à travers cette vision, le message est plus celui d’un observant observé, d’un Homme voyant dans la plante le langage complexe de la vie qui se traduit également en lui. Plante-miroir, reflet de l’âme, ce n’est alors qu’un outil de plus pour mieux se connaître, mieux voir en soi et comprendre qu’au-delà du cloisonnement des mots (animal, homme, plante, minéral), nous ne sommes que des êtres semblables en constante évolution et que la vie est unique et tout à la fois.

Ici, l’invitation n’est donc peut-être pas de changer de sens mais plutôt de regard, car si ce sont par de les sens humains qu’est perçu le monde, celui peut être interprété de bien des manières. A travers les yeux de Pelt, vous serez amenés à vous faire plus petits que ce que vous ne l’êtes afin de découvrir le monde caché et sensuel de nos amies les plantes.

Vous y découvrirez comment les plantes ont su, au fil du temps, adopter des stratégies toujours plus complexes pour parvenir au but tant recherché de la reproduction. Pour cela pas de boîtes de nuits ni d’application Tinder, non, plutôt des stratégies subtiles de mimétisme visant à attirer les pollinisateurs et à les protéger, des moyens de dispersion du pollen dont les images n’ont rien à envier à Mickael Bay, etc.

Si le discours est parfois un peu difficile à suivre si on ne possède pas un langage de base en botanique (ou un dictionnaire sous la main), on appréciera la richesse des explications et, bien que l’ouvrage est désormais un peu ancien (1980), il reste malgré tout un bon moyen d’en apprendre un peu plus sur ce qui nous entoure (et ce que nous sommes également).

Et si jamais, que vous ayez apprécié l’ouvrage ou non, vous êtes tenté d’aller plus loin, sachez que sa bibliographie est assez étoffée pour que vous ayez de quoi finir l’hiver !

Pour finir et comme guise d’extrait, je vous livre les quelques dernières lignes de l’ouvrage :

“Car elle (la nature) est d’une essence qui nous dépasse infiniment. D’une essence proprement divine. Qui sait la contempler avec humilité médite ses leçons : il perçoit alors une invite pressante à poursuivre, avec l’intelligence du coeur, l’œuvre entreprise dès l’origine du monde ; à renouveler l’alliance immémoriale de l’homme avec la vie, la nature, l’univers ; unifier et pacifier, c’est jardiner la terre avec amour, comme aux temps d’Eden … car Eden pourrait être demain ; c’est, comme le disait Shakespeare, “façonner nos fins, si grossières que soient nos ébauche”.”

Les plantes : amours et civilisations végétales p.321

Le livre peut être emprunté dans les bibliothèques universitaires et municipales ou bien acheté (vous en avez beaucoup d’occasion à moins de 5€) – et là encore, je vous invite à vous détourner du fameux A..Z.. et autres clones pour faire vivre l’échange et la proximité : libraires, voisins, sites de vente entre particuliers, brocantes etc.

Merci de m’avoir suivi jusqu’ici ! Bonne lecture à tous et à bientôt !