par Pierre Lieutaghi

Les beaux jours arrivent et avec eux les bourgeons et jeunes pousses. Si ce n’est pas de gemmothérapie que je vous parlerai aujourd’hui, prenez le temps de vous y intéresser un petit peu, ça vaut le détour et c’est très facile à faire (sujet d’un prochain article sans doute).

Pas de science des bourgeons donc mais plutôt science des plantes dans leur globalité : Le livre des bonnes herbes de Pierre Lieutaghi.

L’auteur 

Pierre Lieutaghi est un écrivain et ethnobotaniste (étude des relations en hommes et plantes) français né en 1939 à Quimper. Il écrit depuis les années 70 des ouvrages sur les liens qui unissent les hommes et les plantes et nombre de ceux-ci sont d’une grande qualité (pouvant être considérés comme prophétiques face à ce que l’on vit actuellement).

Il est l’auteur de nombreux livres sur les plantes médicinales, les arbres et arbustes … et aussi créateur d’un jardin ethnobotanique dans les Alpes de Haute Provence (musée de Salagon).

L’ouvrage

A l’instar du “Nos grands-mères savaient”, c’est un livre du peuple que nous avons là. Lieutaghi nous parle des plantes de façon “simple” et pratique et l’un de ses premiers conseils à ce sujet est : “Quelle meilleure prophylaxie que d’aller courir la campagne à la recherche des bonnes herbes ? C’est le premier, le seul traitement qu’il me soit permis de conseiller”.

Le livre nous invite à employer les plantes comme des atouts majeurs de notre santé mais qui se doivent d’être accompagnés de l’avis d’un médecin. Il nous délivre, page après page, les informations essentielles des plantes, celles que le terrain et la pratique délivrent (pas de scientifique moderne ici, ne cherchez pas les analyses !). Ainsi, vous y trouverez pour chaque plante :

  • Une description botanique (vous aurez parfois besoin d’un dictionnaire et il n’y aura pas de photos pour vous aider) ;
  • Une indication sur sa récolte et sa conservation ;
  • Les propriétés médicinales (internes et externes) et les dosages et recettes conseillées pour les exploiter au mieux (en général des tisanes, parfois des sirops et autres) ;
  • Des indications sur les autres usages possibles de la plante (alimentaires, tinctoriales etc.) ;
  • Des indications sur la culture de la plante (pour celles qui sont cultivées, ce n’est pas très fréquent).

Au final c’est 150 fiches de plantes (environ) accompagnées de conseils d’identification, de récolte et de préparation, le tout agrémenté d’un texte tout à fait agréable à lire.

Ce n’est pas un ouvrage thérapeutique majeur mais bel et bien un ouvrage simple, basique mais pas au sens péjoratif, au sens plutôt du conseil suivant : peu importe l’exercice ou l’activité que vous pratiquez, ayez l’habitude de la considérer avec un regard d’enfant. Peu importe le nombre d’années d’études ou d’expériences, vous passerez à côté de l’essentiel si vous ne pouvez prendre le recul nécessaire pour vous placer à nouveau du côté de l’ignorant découvrant le vaste monde qui l’entoure. Alors que vous soyez débutant ou aguerris dans le monde de l’herboristerie, jetez un œil à ce livre avec ce regard innocent. Peut être découvrirez-vous des choses que la connaissance vous avait occulté.

Et avant de vous quitter, voici un cours passage de l’ouvrage afin que vous ayez une idée de quoi y trouver :

“La Consoude, je l’ai dit plus haut, est une cicatrisante très efficace. La racine fraîche, épluchée, bien lavée, ébouillantée, broyée, donne les meilleurs résultats ; la décoction concentrée (200 g de racine sèche pour 1 litre d’eau ; bouillir 1/4 d’heure) peut cependant la remplacer. On utilisera l’une ou l’autre de ces préparations sur les ulcères, les plaies suppurantes, les eschares, les brûlures profondes. Les Dr Leclerc et Decaux (1943) ont obtenu un résultat spectaculaire d’une pommade à base de Consoude sur un “vaste et profond ulcère variqueux” et le premier de ces deux praticiens a maintes fois observé l’efficacité de la plante dans les détériorations graves du derme, efficacité confirmée par les travaux de J.-L. Teissier (1947) : la Grande Consoude déterge les plaies, tarit les suppurations, entraîne une régénération rapide des tissus ; s’il n’est guère utile de s’en servir sur les plaies de peu d’importance pour lesquelles un bon nettoyage à l’eau oxygénée, suivi d’un pansement, suffit généralement et que les propres défenses de l’organisme ferment promptement, il faut s’en souvenir chaque fois qu’une cicatrisation tarde à opérer.
Sur les brûlures du 1er degré, la pulpe fraîche procure un soulagement rapide ; elle calme et cicatrise promptement les gerçures des seins : les nourrices, autrefois, pratiquaient dans la racine fraîche une cavité de la taille d’un dé à coudre et y introduisaient le mamelon gercé ; cette recette simple et sans danger, naguère bien connue des campagnes, convaincra celles qui l’utiliseront de la réelle efficacité des simples (quand on ne trouve que des racines trop petites, les nettoyer soigneusement, les réduire en pulpe et en faire des compresses).”

Le livre des Bonnes herbes – pierre lieutaghi

Comme d’habitude, privilégiez les librairies locales et de proximité, les livres d’occasion etc. Je n’ai pas le prix sur mon exemplaire mais il devrait coûter dans les 20 à 30€.

Sur ce, je vous souhaite une belle et agréable journée !

Merci de m’avoir lu jusqu’ici, à bientôt !