Le 1er mai druidique

Beltaine

Loin de célébrer les revendications sociales des travailleurs, Beltaine marque l’arrivée de la moitié claire de l’année.

Beltaine (byel-tinn-yah) en gaélique irlandais, Calan Mai (cal-ahn maïe) en gallois, ou encore Kala-Mae (kah-la may) en breton, la fête du 1er mai est une des 4 fêtes primaires de l’année. Plus conséquentes que les fêtes solaires (celles des équinoxes et des solstices, qui marquent les saisons), elles étaient l’occasion de grands rassemblements et d’échanges entre les habitants. On pourrait de nos jours considérer ces fêtes comme des intersaisons, permettant de diviser l’année en sous-parties représentatives du temps qui passe et des changements opérés dans la nature.

Si nous connaissons cette date comme étant un jour férié (dont l’origine remonte aux mouvements américains du 19e siècle), peu se souviennent du symbolisme originel de cette période. Loin de célébrer les revendications sociales des travailleurs (quoique ?), la fête de Beltaine était surtout un passage : celui de la moitié claire de l’année. 

Alors que Printemps était célébré en mars, Beltaine marquait l’action du renouveau. Nous ne célébrions pas la venue de la belle période, mais la Vie et la croissance que celle-ci offrait. De grandes fêtes étaient alors organisées : tous les feus du pays étaient éteints, puis, les hommes purs partaient chercher les 9 bois sacrés (saule, noisetier, aulne, bouleau, frêne, if, orme, chêne, et un autre bois mystérieux…) afin d’en rallumer un nouveau, d’où tous seraient ravivés. Chaque habitant venait alors sauter par-dessus les flammes en quête de bénédictions ou de protections (mariage, voyage, accouchement…), lors de fêtes qui pouvaient durer plusieurs jours.

Les villageois qui avaient passé l’hiver dans l’obscurité de leurs tanières, sortaient au grand jour pour célébrer la Vie. Chaque habitant venait festoyer et demander grâce aux Dieux et aux Esprits pour la saison à venir. Ils apportaient des présents (beurre, flocons d’avoine, lait, whisky, bière…), qu’ils offraient aux Esprits dont il souhaitait les bonnes grâces. Tous dansaient et festoyaient en cœur, au rythme sourd des battements de la Terre, qui maintenant se réchauffait. 

Feu de bois dans la nuit
Dafydd ap gwilym

Nourricier des tendres amoureux, est le mois de Mai.

Fleur rose dans un champs avec couple marié en fond

Le Roi et la Reine de Mai

Mai était (et est toujours !) une période de fertilité : celle des récoltes, mais aussi du bétail et des populations. Pendant ces fêtes, des mâts colorés étaient dressés. Tout un chacun était alors habillé de fleurs et rubans colorés, et dansait autour de ce symbole phallique. Les nuits étaient propices aux rencontres amoureuses, et 9 mois plus tard naissaient parfois les merry begot – les enfants conçus dans la joie.

Dans certains lieux, on célébrait aussi le Roi et la Reine de Mai. Deux groupes d’hommes, l’un symbolisant le Roi de l’Hiver, l’autre le Roi de l’Été, se battaient pour la main de la belle Dame de Mai. Chaque équipe était ornée de parures saisonnières et s’adonnait à des combats de pailles et de fougères pour en sortir vainqueur. L’Été triomphait alors, et on choisissait un Roi de Mai, qui allait symboliquement s’unir à la Reine au centre du village.

Cette bataille de l’Hiver sur l’Été pour ravir le Printemps était un moyen de préserver la conscience du cycle des saisons, en respectant la Vie alentour et en partageant de beaux moments. On retrouve ce thème dans certains contes, dont celui de Tristan et Isolde.

Pour résumer, voici ce que représente la fête :

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Le rapport entre le masculin et le féminin

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Ôde à l'amour et à la sensualité

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L'appel à la fertilité

Afin de vous mettre dans l’ambiance de la période et de profiter au mieux du rythme des saisons, je vous propose quelques pratiques à faire seul ou en famille :

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Au soir de la pleine lune la plus proche de Beltaine, contempler le coucher du soleil et le lever de la lune dans un champs.

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Faire quelque chose de créatif inhabituel, voyez petit ou grand, peu importe.

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Envisager les choses du point de vue du sexe opposé.

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Honorer votre corps et votre sexualité de la manière qui vous convient (ce peut être simplement de la poésie amoureuse).

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Se promener pieds nus dans l'herbe et faire "flotter sa conscience" dans chaque chose que l'on voit.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, vous pouvez effectuer bien d’autres actions pour célébrer cette fête à votre guise. Il s’agit simplement de rester dans le mouvement de celle-ci : éveiller la créativité et la fertilité en nous. 

Aller plus loin

Toutes ces informations sont tirées de ma pratique, des cours de l’OBOD, des ouvrages et sites que j’ai pu lire ou consulter et des échanges entre pratiquants du druidisme. Pour aller plus loin, voici quelques pistes :

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